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Article 2.-
Les objectifs de cette Association sont les suivants: LA DÉFENSE DES VALEURS RÉPUBLICAINES ET LA RÉCUPÉRATION DE LA MÉMOIRE HISTORIQUE

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Eduardo Aparicio Zamarreño

Une existence exceptionnelle qu’il vécut avec autant de vitalisme que de générosité

Biographie rédigée par Mikel Rodriguez pour l’Encyclopédie Auñamendi

Combattant antifasciste, décédé le 29 août 2007 à Donostia-San Sebastián

Personnalité politique du Gipuzkoa, né à Leintz-Gatzaga (1916), dans une famille aux profondes racines socialistes. Son père était ami intime d’Indalecio Prieto.

Il change fréquemment de résidence durant son enfance et adolescence, au gré des destinations auxquelles était envoyé son père par la Compagnie du Chemin de Fer. En 1935, sans cependant avoir encore atteint l’âge établi, il est élu Secrétaire Local de l’Union Générale des Travailleurs du Chemin de Fer Cuenca-Utiel et il devient membre de la Jeunesse Socialiste Unifiée (J.S.U.).

Adepte de la tendance de Largo Caballero, lors du soulèvement militaire de 1936, il rejoint comme volontaire l’unité de choc socialiste de Madrid, la P.U.A. Cette même année, il devient membre du Parti Communiste d’Espagne, car considérant qu’il s’agissait du seul parti qui envisageait correctement le problème de la guerre.

Blessé à Buitrago, au sortir de sa convalescence il entre à l’École des Carabiniers, d’où il sort avec le grade de sergent et nº 6 de sa promotion. Il combat dans le 28ème Bataillon des Carabiniers, intégré par de nombreux Basques, et il est à nouveau blessé durant la campagne de Catalogne. Il passe en France avec les survivants de l’Armée Républicaine et les autorités françaises l’enferment successivement dans les camps d’Argelès, de Barcarès et de Gurs.

En 1941, il commence à exercer des activités clandestines dans la zone non occupée, à Gardage, tout près de Marseille. Il est découvert par la police allemande et il doit fuir en Algérie. Il s’enrôle dans le 2ème Bataillon de la Légion Étrangère à Sidi-Belabes et il commence à organiser le P.C.E. au sein du corps.

Il est proposé à la Croix de Guerre avec Palme, pour son intervention lors de la bataille du Cap Bon (Tunisie). Il déserte la Légion pour défendre la France Libre dans la 3ème Brigade, formée par de nombreux Républicains espagnols. Mais, à la demande du P.C.E., avec lequel il entre en contact par le biais des communistes tunisiens, il quitte également cette unité.

Dans le nord de l’Afrique, il participe à l’organisation de groupes de maquis, qui débarqueront postérieurement sur le littoral d’Andalousie, une opération pour laquelle ils comptent sur l’aide des services d’information nord-américains, et il réalise des tâches politiques à Alger. En décembre 1945, il se rend à l’Assemblée de Toulouse, comme Délégué de l’Afrique française. Là, les deux principaux dirigeants du P.C.E. en France, Santiago Carrillo et Fernando Claudín, l’envoient de retour au Gipuzkoa, comme membre de la Direction Nationale du Pays Basque, avec la mission de réorganiser le parti.

En mai 1946, après un stage intensif d’endoctrinement politique, il traverse la frontière à Navarre. À Bilbao, il rencontre les autres membres de la Direction Nationale, constituée par Clemente Ruiz de Navarre, Valentín Gual de Donostia-San Sebastián, García Rabadán et "El Aldeano", qui lui donnent les dernières instructions. Il s’installe à Pasaia, où il réorganise le Comité Provincial et exerce une intense activité. Il crée des antennes à Donostia-San Sebastián, Pasaia, Renteria, Irun, Zarautz, Bergara, Arrasate et Eibar.

En 1947, leur expansion atteint Vitoria et l’organisation contrôlée par le P.C.E. compte 1.000 membres. Ils impriment deux journaux, l’ "Aurrera" de l’U.G.T et "Gastien" de l’J.S.U. En matière de politique ouvrière, il faut mentionner la grève qu’ils arrivent à déclencher en 1946 dans le port de Pasaia, la première grève totale dans l’Espagne de Franco. Ils établissent également un comité de liaison U.G.T-Solidarité des Travailleurs Basques, le premier organisme unitaire de l’après-guerre. En 1948, l’organisation est détruite dans sa totalité, ainsi que la délégation provinciale du Bizkaia. Le P.C.E. devra attendre les années 1950 pour récupérer ce même niveau d’implantation au Pays Basque.

Aparicio est arrêté à Donostia-San Sebastián en juillet 1947, alors qu’il s’apprêtait à retirer un envoi de propagande du Gouvernement Basque contraire au Référendum. Sa future épouse, Carmen Eixach Arnaiz, est également arrêtée, ainsi que Blas de la Cueva. Il est torturé au Gouvernement Civil de Donostia-San Sebastián et envoyé ensuite à Bilbao, au Commissariat d’Atxuri, où il est interrogé et passé à tabac chaque jour durant plus d’un mois, par une équipe de policiers venus expressément de Madrid.

Personne d’autre n’est arrêté car les autorités n’arrivent à tirer aucune information utile des trois détenus. Et comme la police n’arrive pas à identifier son vrai rôle au sein du parti, il est tout simplement accusé de propagande illégale. Le 24 décembre 1947, grâce à la complicité d’un Juge du Parti Nationaliste Basque et du Greffier du Tribunal nº 1 de Bilbao, Zamarreño et la Cueva, ils obtiennent la liberté provisoire dans l’attente de leur jugement. Eduardo retourne à la clandestinité et fuit à nouveau en France, en février 1948, où quelques mois plus tard il épouse Carmen Eixach. À la suite de divers entretiens avec Julián Grimau, José Bárcenas et Santiago Carrillo, il décide de s’installer en France et d’abandonner la première ligne politique durant quelques années.

Il travaille dans le bâtiment et, en 1967, il retourne à la politique de masse, s’impliquant dans le mouvement associatif espagnol. En 1977, il est élu Président de la Fédération des Associations d’Émigrants Espagnols en France (F.A.E.E.F.). La F.A.E.E.F., fondée en 1967, rassemble plus de 200 associations et Centres Culturels sur le territoire français et compte 23.800 affiliés.

Eduardo Aparicio se voit décerner, en 1985, la Médaille d’Or de l’Émigration, la plus haute distinction octroyée par le Ministère du Travail aux citoyens qui vivent à l’étranger. Il est candidat de la Gauche Unie aux premières élections au Parlement Européen de juin 1987. Il est nommé Président d’Honneur de la F.A.E.E.F. et, dans les années 1990, il rentre au Gipuzkoa, où il meurt.

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