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Article 2.-
Les objectifs de cette Association sont les suivants: LA DÉFENSE DES VALEURS RÉPUBLICAINES ET LA RÉCUPÉRATION DE LA MÉMOIRE HISTORIQUE

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Le recit gagnant (12 à 16 ans). Auteur: Maitane Gajate Zumalacarregui

Affiche du concours litteraire

Photos de la remise des prix

Le ciel est gris. Assortí à une ville grise et vieille, dont les gens sont gris et blasés et ne veulent rien de personne, ils n'ont d'yeux que pour leurs pieds et leurs portefeuilles.

Il se promène. C'est l'autonme comme cette fois où ce qui me semble une autre ére. Les feuilles se détachent des arbres, volontairement. Elles volent. Le sol froid et gris semble moins froid et gris plein de feuilles aux belles teintes lestées de nostalgie. Que de souvenirs m'assaillent. L'herbe se berce et ondule, elle danse pour moi, vu que personne d'autre ne la chérit.

Si elle me voyait ici, assis, vêtu de guenilles grises, sur un banc gris à l'endroit le moins gris que j'ai pu trouver. Peut-être me dirait-elle quelque chose qui ne fût pas de la mélancolie, mais elle me gronderait certainement. Elle me manque, ses grands yeux violets dans lesquels il me semblait voir le ciel que cachent les nuages ici, et ses lèvres de la couleur de ces roses qui sont rares. C'était la nuance de lumière dont avait besoin cette ville grise.

Mes chaussures sont percées. Il y a longtemps que je marche sans cap. Elle était ma boussole, mon guide, avec elle regardant mes pieds comme si sur eux toute ma vie était écrite. Si elle me voyait à présent, peut-être se facherait-elle. Sa voix était la mélodie la plus douce jamais jouée et il semblait qu'elle dansait chaque fois qu'elle bougeait, avec tant de grâce. De sérénité. C'était de la musique dans le silence infini.

Allons donc, on dirait su crachin. C'est l'heure de rentrer à la maison, si j'en avais une. J'essaie de fuir la pluie, qui sans cesse m'éclabousse froide. Les gens avancent sous d'obscurs parapluies, dans cette ville de plus en plus floue. Sous un petit toit, recroquevillé par le foid, j'attends, je en sais plus quoi. Si elle me voyait, peut-être pleurerait-elle. Elle était si parfaite et belle, si sensible et évéillée...Je l'aimais à la folie, et si elle me voyait à présent... C'est sûr elle me haïrait.

Elle était, cependant, beaucoup plus que tout ça. Elle fut feu, une torche brûlante, toujours ardente. Tant qu'elle était proche, les gens changeaient, les gens sentaient davantage, ils se libéraient. Elle n'aurait jamais permis qu'on mutile la ville, ayant perdu à présent son teint. De sa magie. Je la vois dans mes souvenirs, toujours humble et joviale, tellement proche, tellement humaine. Il n'y avait personne comme elle. Personne ne pouvait la tromper et elle combattait pour que personne ne le pût. Elle haïssait les mensonges et encore plus les menteurs. Personne ne l'a vue fâchée, mais elle fit face à n'importe qui en vue d'obtenir ce qu'elle voulait. Elle a transformé les gens et les a rendus personnes. Elle s'est levée et a haussé le ton.

Et c'est pour ça que je suis là à présent. Entouré de monotonie et de médiocrité. De conformisme et d'inégalité. Au lieu des arbres, pousse le béton et il ne reste plus de personnes. Leurs pensées sont absorbées. Mais ils ne semblent pas avoir de forces pour combattre. Et ils perdent.

Si elle était là cela n'arriverait pas. Si elle était là ce parc sur la voie serait couvert de fleurs et de personnes souriantes qui parlent. Et cependant plus personne n'échange d'avis. Ils sont donc tous du même?

Mais jamais elle ne reviendra.

Je remarque que mes souliers sont inondés, il serait peut-être temps d'arrêter. Parmi la pluie, une goute d'eau s'est glissée dans ma bouche et elle a le goût à la mer. Une larme. On doit remarquer puisque quelqun me dévisage bien que du fait du croisement de nos yeux, il regarde ailleurs. Pleurer est-il toujours gratuit? Enfin, je n'ai rien de quoi payer, il ne me reste qu'un soupir de vie.

Elle en s'en faisait pas de pleurer. Elle a pleuré de rage quand les citoyens ne purent choisir ceux que les gouvernaient, elle a pleuré de rage lorsque l'information était contrôlée, elle a pleuré quand les armes ont eu plus de valeur que les mots. Cependant, elle a aussi pleuré quand, avec opiniatreté elle a gagné ces batailles, mais cette fois-là ce fut le bonheur qui s'épanouit dans son regard. Lorsque ces derniers surent qu'ils ne pourraient la réduire au silence, els décidèrent de se débarrasser d'elle. Mais même alors, lorsque sa vie s'éteignait, elle ne pleura pas. Et elle regarda. Elle regarda digne vers l'avant et s'en alla.

Très peu à présent remarquent son absence et leurs voix sonnent muettes, personne ne les entend.

Je m'assieds sous un porche froid, métallique, laid, apathique. Aujourd'hui je ferais nuit ici. Avec un peu de chance je ne me réveillerai pas demain. Je ne veux plus revivre cette misère noire vers laquelle cette ville grise va.

S. Samsa

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