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Article 2.-
Les objectifs de cette Association sont les suivants: LA DÉFENSE DES VALEURS RÉPUBLICAINES ET LA RÉCUPÉRATION DE LA MÉMOIRE HISTORIQUE

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Le recit gagnant. Prix (16 à 25 ans). Auteur: Jorge Berné Ortín

Affiche du concours litteraire

Photos et vidéos de la remise des prix

RÉFLEXIONS

C'est depuis quelque temps que ma famille et moi nous sommes dans cette situation. Nous survivons tant bien que mal. Nous habitons dans un petit village, mon père laboure la terre et ma mère travaille dans une usine en ville.

Un jour, des messieurs à la télévision ont dit qu'il n'y avait pas d'argent, qu'ils n'en avaient plus. Je ne sus pas en ce moment comment ils avaient pu tout dépenser, ces messieurs qui voyageaient autant et qui mettaient des costumes si exquis et qui voyageaient séparés du reste des personnes, de peur qu'elles ne leur transmettent une quelconque maladie.

Je me souviens bien de ce jour-là, quand rentrant de l'école mon esprit fut totalement bouleversé. Je trouvai mes parents dans la cuisine. Ma mère, qui avait beau le nier, avait pleuré longtemps. Mon père à côté d'elle, avec un mélange de rage, tristesse et haine dans son visage. Ma mère me raconta d'une façon très douce qu'elle n'avait plus de travail. Apparemment, son employeur, un de ces messieurs de la télévision, lui avait dit que lui non plus n'avait plus d'argent et que le salaire de ma mère, ainsi que celui d'autres mères, était une dépense excessive et qu'il devait pourtant leur demander de ne plus aller travailler. C'est en balbutiant ce dernier mot qu'elle ne put plus se contenir et éclata en sanglots à nouveau, tandis que mon père la consolait en lui assurant qu'on s'en tirerait. En ce moment je ne fus pas capable de comprendre la situation.

Maintenant les années sont passées. Ma mère n'a toujours pas de travail sauf ceux qui ne durent que quelques semaines. Mon père travaille du lever au coucher du soleil tous les jours, parce qu'il veut que je poursuive mes études et que je n'aie pas à passer ce qu'il a passé. Comme nous ne pouvions pas payer ni l'électricité ni l'eau nous avons déménagé chez mes grands-parents. Nous sommes un peu moins à l'aise puisque c'est une petite maison, mais malgré tout nous passons des bons moments ensemble. Mon grand-père laboure la terre comme mon père, il faut dire aussi que je les aide beaucoup et que ma grand-mère tient la maison et s'occupe de mon petit frère, etc. Ma grand-mère était maîtresse d'école, mais elle est déjà très âgée et elle a beaucoup perdu de son énergie quoique son esprit soit toujours aussi clair qu'auparavant.

Mon grand-père était le chauffeur d'un monsieur très riche du village, jusqu'à ce qu'il l'a renvoyé pour avoir appartenu au premier syndicat qui se constitua au village depuis très longtemps.

Malgré les incommodités, on menait une vie plus ou moins heureuse. Ma mère est toujours aussi triste et mon père perd de cette joie qui l'a toujours si bien caractérisé au fur et à mesure que les jours passent. Ce sont les ennuis économiques et, il a beau le nier, je sais que cela en est la cause.

J'envisage de laisser tomber mes études, quoique ma famille dise qu'il n'est pas question, que je dois étudier dur pour devenir un homme valable et utile. Mes parents ne prétendent pas que je gagne beaucoup d'argent, ils disent que cela leur est égal. Ce qu'ils veulent c'est que j'étudie pour devenir une personne cultivée, responsable, qui aide les autres, sincère, qui ne tire pas profit des autres, qui avant de veiller à mon propre intérêt veille aussi à celui des autres; que je traite bien tout le monde, parce que nous sommes tous des égaux. Sur ce dernier je suis tout à fait d'accord avec eux. Je me suis rendu compte que nous sommes tous des égaux, à l'école j'ai pu voir que nos mains sont égales, que nous sommes tous un, et que n'importe où, tout est égal, les messieurs de la télévision sont espagnols, mais il y a en a aussi au Pérou, en France, en Equateur, au Mexique et partout dans le monde. Nous sommes tous des égaux. Dans tous les pays ce sont toujours les mêmes qui sont dans l'ennui, et ce sont toujours les mêmes qui tirent profit des autres, les trompent et les embobinent avec des fausses idées de richesse.

La raison pour laquelle j'écris ce récit est pour faire comprendre à ceux qui m'écouteront, que nous sommes tous des égaux. Les différences entre les personnes de ce monde ce sont des inventions, des idées imposées pour nous faire croire que nous sommes différents les uns des autres, pour  nous tenir à l'écart. Mais je suis arrivé à la conclusion que ceci n'est pas vrai. Il y aura toujours des milliers des différences culturelles, que nous devons toujours respecter et jamais considérer que nous nous trouvons par dessus quelqu'un d'autre parce que nous nous devons pareil respect, avec égalité, comme si nous étions des frères et sœurs. De cette façon, les messieurs de la télévision n'auront rien de quoi nous tenter, ils ne nous parleront pas de systèmes que nous avons à maintenir, prolongeant la souffrance humaine. Si nous sommes tous d'accord dans une situation semblable à celle de ma famille, nous serons beaucoup plus forts que personne et nous pourrons exiger que nous soit rendu ce qui nous appartient, que personne ne nous vole ce que nous avons cultivé, à la sueur de notre front, employant tout notre effort et notre amour. Nous serons capables de demander ce qui nous appartient, à être respectés et que personne ne puisse nous renvoyer et nous mettre sur le pavé rien que parce que les messieurs de la télévision n'ont plus d'argent pour nous payer après avoir acheté un château. Mais j'en reparlerai plus tard.

Bon, où j'en étais? Ah! oui, j'y viens. Mes parents voulaient que j'étudie et que je devienne une bonne personne. Je dois vous dire que j'assiste à l'école publique de ma ville. Il ne manque plus que deux ans pour que j'entre à l'université, et franchement, rien que d'y penser je suis ravi. L'école n'a pas été une expérience très... comment dire?. Là, pratiquement personne ne voulait apprendre, et ils ne laissaient pas aux autres faire non plus. Mais le plus étonnant, c'est que les professeurs le permettaient, si bien ils ne pouvaient pas faire grand chose, parce que ceux qui interrompaient les cours sans aucun motif n'étaient pas punis, par contre, un jour je me suis fait engueuler par la maîtresse comme elle ne l'avait jamais fait rien que parce que je lui avais fait remarquer qu'un renseignement de notre manuel était incorrect. La maîtresse a commencé à crier comme une folle en disant que ce que je disais étaient des bêtises et que je ferais mieux de me taire. Parfait, donc, il se trouve que ce que j'avais lu dans des centaines de livres c'était faux et ce qu'elle nous chantait c'était vrai. Je crois que c'est en cet instant que je ne pus plus supporter l'école et que je commençai à douter du programme d'études que nous avaient préparé des messieurs très importants de la capitale.

Après ce fut le tour de l'école secondaire et il semblait que la plupart d'entre nous commencions à mûrir. Franchement je fus étonné d'écouter ce que quelques-uns uns racontaient sur l'excellence des universités privées par opposition aux universités publiques où, au dire de ceux-ci, nous n'allions rien apprendre, où nous n'aurions jamais accès à un emploi en relation avec nos études. Sincèrement, depuis le moment où je l'écoutai pour la première fois cela m'a paru une solennelle bêtise, d'ailleurs je préfère davantage entrer dans une université publique. Peut-être vous vous demanderez pourquoi et la réponse est on ne peut plus simple, par fierté. Fierté de démontrer que les pauvres, ceux qui n'ont pas eu trop de recours ni l'accès aux facilités des personnes nantis, nous sommes aussi capables d'étudier et d'atteindre nos buts avec notre effort. Il ne faut pas que quelqu'un nous paye le diplôme, nous sommes absolument capables de l'obtenir tout seuls. Une personne sans recours est capable de faire n'importe quoi aussi bien qu'un riche, et c'est justement cela que je veux démontrer en étudiant dans un établissement public.

Enfin, ce n'est qu'un petit résumé de ma vie. Je pourrais bien raconter davantage, des anecdotes plus concrètes, mais je le laisse pour une autre fois.

Bref, ce que je veux dire avec tout cela c'est qu'en fait nous sommes tous des personnes humaines, tous des égaux. Et les différences que nous implantons ne sont que des sottes inventions de l'être humain. Nous sommes tous des égaux. Et personne ne doit se sentir supérieure à une autre. Toutes les personnes doivent être traitées selon les mêmes droits et les mêmes devoirs, quelle que soit la race, l'origine, la situation économique ou n'importe quel autre fait qui nous fasse différents. Par conséquent, ce n'est pas juste qu'il y ait des personnes qui puissent tout avoir et d'autres qui vivent dans la misère absolue. Parce que le cas de ma famille est grave, mais ailleurs, les plus pauvres vivent dans la misère absolue, et chez nous, dans un pays apparemment développé, il y a de plus en plus de familles qui aboutissent dans la ruine absolue. Tout à cause de la convoitise et les tromperies de quelques-uns. Tout à cause de notre mentalité d'après laquelle la valeur de chacun dépend de son avoir, d'après laquelle tout ce qui ne produit pas de l'argent ne sert à rien.  Est-ce que la beauté d'une montagne ou un ancien bâtiment ne produisent-ils pas de l'émerveillement? Le chant des oiseaux ou une voix qui récite la plus belle des poésies ne vous semblent pas fascinants?

Mesdames et messieurs, ce qui est beau et ce qui est bon, ce ne sont pas seulement les choses qui produisent de la richesse. Mais là je dévie légèrement de notre thème. Ce qui est important à dire, c'est que nous devons tous penser à changer notre mentalité et essayer d'être des meilleures personnes. Essayer de nous aider les uns aux autres, nous traiter avec respect, avec égalité. Que toutes les personnes soient libres pour exprimer ce qu'elles pensent, sans peur des représailles. Nous devons construire un monde où nous ayons tous le droit de vivre en paix avec les personnes que nous aimons. Avoir le droit de recevoir notre juste et méritée récompense après le travail réalisé. Recevoir de l'éducation, du pain et des soins médicaux. Partager d'une manière juste ce qu'on a obtenu. Joindre notre effort à celui du reste du peuple et construire entre tous une nouvelle société, mais toujours, j'insiste, en nous traitant avec respect et en tant qu'égaux.

Nous devons avoir le droit  de décider sur notre futur, sur ce que nous voulons faire et ce que nous voulons devenir, parce que c'est quelque chose d'essentiel dans une société libre. Nous devons nous faire écouter et qu'on tienne compte de nous tous. Que les décisions qui nous concernent et nous affectent soient prises par nous-mêmes.

Finalement, je pense que nous devons créer un monde dans lequel nous soyons libres, égaux et capables de prendre nos propres décisions, parce que le monde que nos ancêtres nous ont laissé n'est pas le meilleur, mais nous devons essayer de l'améliorer, de réparer les erreurs, pour que le monde que nous laisserons à ceux qui viendront après nous, à nos enfants, à nos petits-fils et au reste des générations, soit un monde meilleur. Qu'ils puissent se souvenir de nous avec de la joie et non pas avec de la honte. 

Je sais bien que beaucoup de gens pensent que ce que je dis est impossible. Je tiens à leur répondre que non. Ce n'est pas impossible. C'est très dur, je sais, mais avec de l'effort, du courage et du travail, nous y arriverons. Nous n'avons qu'à changer un peu notre mentalité.

Et je veux ajouter une chose de plus, faisons-le pacifiquement, de cette manière les messieurs de la télévision, ceux qui ne veulent rien changer et que tout s'empire n'auront plus d'autre option que d'accepter et d'accomplir ce que nous demandons, ce que le monde réclame à cor et à cri. Et nous savons tous très bien ce que le monde réclame, parce que c'est ce que nous aussi nous demandons: DU PAIN, DE LA LIBERTÉ, DE LA JUSTICE ET DE L'ÉGALITÉ.

Claudio

Leandro Agirretxe, 1, Local 4
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