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Article 2.-
Les objectifs de cette Association sont les suivants: LA DÉFENSE DES VALEURS RÉPUBLICAINES ET LA RÉCUPÉRATION DE LA MÉMOIRE HISTORIQUE

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L'âne dynamiteur

S’il y a une chose sur laquelle on ne peut plaisanter c’est la guerre civile et encore moins une guerre civile comme la nôtre. Mais il y a parfois certaines situations, malgré le dramatisme du combat, pratiquement toujours sanglant, qui provoquent le sourire ou que l’on peut commenter avec une certaine touche d’ironie. Nous sommes début août 1936. Les lignes défensives républicaines dans les montagnes d’Irun sont faibles et mal articulées. Une ligne assez rudimentaire a cependant été organisée, entre Pagogaña et Pikoketa, en passant par Erlaiz et les contreforts de Peñas de Aya. Les combattants républicains, principalement socialistes et anarchistes, sont mal armés et manquent de munitions.

Près de 250 hommes, dont 50 d’Irun, couvrent l’avant-garde. À leurs côtés, une quinzaine de carabiniers de la garnison – ainsi appelée par les optimistes combattants – de Pagagoña. Il s’agit, en réalité, d’une caserne de carabiniers, un corps qui s’est maintenu loyal à la République. Dans ce que nous appellerons le fort, il y a un petit canon Sneider. Erlaiz est une espèce de brèche, à travers laquelle les troupes attaquantes peuvent s’affaler dans le centre-ville d’Irun. Jusqu’à présent, seules quelques escarmouches ont eu lieu, avec quelques blessés et morts dans les deux camps et 3 "Requetés" (Carlistes) ont été faits prisonniers et conduits à l’Hôtel de Ville d’Irun. Retranchés dans leurs positions, les républicains observent les mouvements des troupes attaquantes, commandées par le Colonel Beorlegui et le Lieutenant-Colonel Ortiz de Zárate, et comment ils déplacent hommes et équipements entre San Antón et Arichulegui. Ils se préparent pour attaquer Erlaiz.

Les Républicains, tel que déjà mentionné, ne comptent pas sur les moyens suffisants pour lancer l’attaque et bloquer cette voie de communication. Ils recourent au canon Sneider, mais le système de direction ne fonctionne pas. Mais c’est dans les situations les plus critiques, et durant la guerre en particulier, que l’être humain fait preuve d’ingéniosité, lorsque c’est sa survie qui est en jeu. L’un des défenseurs d’Erlaiz commente qu’il y a à Irun un âne, dont le propriétaire est un citoyen de gauche et très idéaliste, surnommé le "Paisano". Il s’agit d’un Galicien qui habite à Irun depuis des années. Il travaille comme porteur à la Gare du Nord – la RENFE – et il utilise son âne pour transporter les bagages des voyageurs. L’animal est très populaire à Irun, car il a fait preuve, à plusieurs reprises, d’une grande intelligence. Par exemple, il refuse de se débarrasser des bagages qu’il transporte lorsque le «client» se montre réticent à payer au «Paisano» le prix du transport.

Le jeune combattant d’Erlaiz se rend donc à la Gare du Nord où, sans guère d’effort, il convainc le "Paisano" - rappelons qu’il s’agissait d’un idéaliste et fervent Républicain – pour que l’animal soit utilisé dans le cadre d’une action de guerre. L’action consistait à charger sur l’âne une puissante charge de dynamite, d’allumer la mèche en calculant la durée et de l’exciter pour le faire courir vers la pinède proche de Pagogaña, où s’étaient installées les troupes attaquantes et qui surplombait dangereusement tout le périmètre défensif. Et aussitôt dit, aussitôt fait. L’âne, préalablement aiguillonné, se lance vers la position ennemie, pendant que la mèche se consomme en crépitant bruyamment, ce qui déroute complètement l’âne du «Paisano» qui, soudain, fait demi-tour et se dirige vers les lignes républicaines. À seulement quarante mètres, la mèche s´épuise et une puissante explosion fait sauter le pauvre âne en morceaux. Le propriétaire de l’âne, il convient de le répéter, était un idéaliste et il en a fait largement la preuve en se séparant à jamais, et dans quelles circonstances !, de son outil de travail. On se souvint pendant très longtemps à Irun de l’âne dynamiteur et l’on commentait également que l’un des Républicains, voyant que l’animal revenait dangereusement sur ses pas, prit ses jambes à son cou et disparut sur le chemin qui menait à Ibarla.

Barmancito

Sacado de la revista ORI MANDINGA!

 

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